Sabine Delcour
     
1968 née en Gironde
vit et travail à Bordeaux, France


Expositions personnelles (sélection)

2013
Médiathèque Assia Djébar, Blanquefort
2011
Galerie du Théâtre de la Passerelle, Gap
Maison de la Photographie, Toulon
2010
Galerie Philippe Chaume, Paris
Itsas Lurrak, Villa Béatrix Enea, Hendaye
2009
Paysages habités, Château d’eau, Toulouse
Delta de la Leyre, Domaine de Certes, Audenge
2008
Cheminements, Galerie Philippe Chaume, Paris
Cheminements, Artothèque de Vitré
2007
Delta de la Leyre, Galerie Arrêt sur l’Image, Bordeaux
Langues de terre, Les bâtisseurs, Cheminements, Galerie des Urbanistes, Fougères
2006
Autour de nous, Galerie des multiples, Paris
Port Royal des Champs, Musée de Port royal des Champs, Magny Les Hameaux
Transport, Les bâtisseurs, Autour de nous», Galerie Le Lieu, Lorient
Les bâtisseurs, Autour de nous, Artothèque de Vitré
2005
Autour de nous, Artothèque de Pessac
Anciens Abattoirs de Billère, programmation Image/Imatge, Pau
Transport, Les bâtisseurs, Autour de nous, Art Gallery, Yokohama Museum of Art, Japon
Cheminement, Château d’Avezan, Centre Photographique de Lectoure
Vis-à-vis : Sabine Delcour/Catherine Harang, Artothèque, Nouveau Théâtre d’Angers
2003
Vertigo, Tremblay-en-France
2000
Détour, Galerie de l’ARDI, Hérouville St-Clair


Expositions collectives (sélection)

2012
Galerie Cat Berro, Festival Photo Saint-Germain-des-Près, Paris
Paysages de l’eau, Galerie Les Comptoirs Arlésiens de la photographie, Arles
2011
Corden Potts Gallery, San Francisco, USA
Chic Art Fair, Paris
Festival de photographie, bursa, Turquie
Galerie Les Comptoirs Arlésiens de la photographie, Arles
2010
Hors du Commun, Abbaye-aux-Dames, Caen
Poétique de l’échange, Rosny-sous-Bois
Construire Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, Belgique
L’Océan, visons d’artistes du 19e au 21e siècle, Biarritz
2009
Ce que j’ai sous les yeux, Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis
Entre terre et mer, Institut Français de Madrid, Espagne
Art Paris, Galerie Philippe Chaume, Foire d'Art Contemporain au Grand Palais, Paris
2008
Paris Photo, Galerie Philippe Chaume, Paris
Show Off, Galerie Philippe Chaume, Paris
Entre terre et mer, Institut Français de Barcelone, Espagne
Avec vue sur la mer, BNF, site François Mitterrand, Paris
Art Paris, Galerie Philippe Chaume, Foire d'Art Contemporain au Grand Palais, Paris
2007
Figures du littoral, Conservatoire du Littoral, Espace Commines, Paris
2006
LIPF 06, Lianzhou International Photo Festival, Chine
L’amour comment ça va ?, Maison de la Villette, Paris
Vivre les villes, Musée des beaux-arts de Caen
En ville comme à la maison, Biennale d’architecture, d’urbanisme et de design, Bordeaux
2005
Parcours d’Art Contemporain en Vallée du Lot, Maisons Daura, St-Cyr Lapopie
Festival Musiques et quotidien Sonore, Scène nationale d’Albi
2004
Bordeaux 1995-2005-2015, Arc en Rêve centre d’architecture, Bordeaux
10 ans de Missions photographiques en Seine Saint-Denis, Forum Culturel de Blanc-Mesnil
2003
Renouvellement urbain, Mois de la Photographie de Cherbourg
2002
Arcus Tokyo Exhibition, Contemporary Art Factory, Tokyo, Japon
Rencontres photographiques d’Imagiques, Château de Cadillac
2001
Paysages, précis de décomposition Cosa Mentale, Chapelle du Rham, Luxembourg
Nature dominante, d’autres paysages Cosa Mentale, Galerie ArtProcess, Paris
Architectures, 23e Estivales Photographiques du Trégor, L’Imagerie, Lannion
2000
Usine, Friche industrielle, Paris
Regards sur le territoire, Photographie en Val de Dronne, Abbaye de Brantôme
Imaginons un lieu, Centre d’Art Contemporain de Basse-Normandie


Collections

Centre d’Art Contemporain de Basse-Normandie
Bibliothèque Nationale de France - Département des Estampes
Fond Départemental d’Art Contemporain de Seine Saint-Denis
Le Ring, Nantes
Collection du Conservatoire du Littoral
Collection de l’Etablissement Public de Maîtrise d’Ouvrage des Travaux Culturels
Musée national de Port Royal des Champs
Artothèques de Pessac, Grenoble, Gironde, Lot, Caen, Hennebont, Angers, Vitré…
Collections privées


Résidences de création

Maison de la photographie Félix Arnaudin, Labouheyre, 2014
Villa Médicis Hors les Murs, Islande, 2012
Galerie du théâtre La Passerelle, Gap, 2010-2011
« Ecritures de lumière », Abbaye de Maubuisson, Saint-Ouen-l’Aumône, 2010
Domaine d’Abbadia, Hendaye, 2009-2010
Couvent des Urbanistes, Fougères, 2007
Artothèque de Vitré, 2006
Maisons Daura, RégionMidi-Pyrénées, 2005
Arcus Program – AFAA, Ibaraki, Japon, 2002
Centre d’Art Contemporain de Basse-Normandie, Hérouville-Saint-Clair, 2000
Centre Culturel de Ribérac, 2000
Le moulin du Roc, Niort, 1998
On entend parler de plus en plus de la fin du monde, de la disparition de la nature sous la pression d’environnements artificiels, pollués, malmenés. On assiste, impuissant, aux conséquences d’une nature contrariée. Sommes-nous contraints à nous projeter dans un monde sans horizons, sans bouts du monde, sans paysages ? Un univers désolé ?

Mes interrogations se portent sur les relations que nous entretenons avec la nature et la perception qu’on en a. J’ai étudié des territoires habités ou des paysages façonnés par l’homme, je me concentre aujourd’hui sur des sites géologiques importants, parsemés d’empreintes, de traces, qui parlent de l’histoire de la terre, de sa naissance, de ses entrailles.
J’ai pensé que la mer était le commencement. Cette mer faite de paysages sous-marins inaccessibles, des fondations de la terre. Ce qui m’intéressait était invisible. Je voulais comprendre cette géographie immergée, déterminer cette zone de contact entre le visible et l’invisible, entre le solide et le liquide. Et si la mer était à peine visible dans mes images, elle restait pourtant omniprésente, comme en creux.
J’ai travaillé sur la chute des Pyrénées dans l’océan, là où la terre et l’eau se séparent, l’estran. Dans les Hautes-Alpes, là où l’écorce terrestre s’érige de manière monumentale et verticale. Puis en Islande, une île au bord du cercle arctique et sur la dorsale médio-atlantique, qui en font un territoire unique, un livre à ciel ouvert. Je l’ai perçu comme un terrain d’exploration, comme un bout du monde possible.
Je cherche dans différentes parties du globe l’émergence d’éléments souterrains uniques au monde. Je souhaite aujourd’hui mettre à jour ce que recèlent les profondeurs : les résurgences des chaînes de montagnes, les plis et formations géologiques, les traces de ses mouvements internes… autant de reflets "intérieurs" de la nature que j’essaie de retranscrire et qui me poussent à m’immiscer dans les profondeurs de la terre à la manière d’un anthropologue qui décrypterait les codes d’un mythe pour comprendre la nature humaine.
Dans le projet Bas-reliefs, ce n’est plus le langage des hommes, comme cela a pu être dans ma série les bâtisseurs avec les habitants d’Hérouville-Saint-Clair, une ville nouvelle portée par des individus, ni celui des guides touristiques du 19ème siècle utilisés dans ma série Transport en Seine-Saint-Denis, ni les réponses aux questionnaires qui accompagnaient les images d’habitats en construction au Japon dans Autour de nous, qui s’inscrit dans mes images. C’est maintenant le langage des pierres et de la Terre comme une sorte de “géopoétique” des lieux. Si nous ne possédons pas les codes pour déchiffrer cette histoire de la nature, je souhaite qu’on ait, face aux images, le sentiment profond qu’une saga nous est livrée.
Ce travail en rapport avec le paysage constitue une expérience personnelle de l’espace car je ne suis pas seulement dans une investigation documentaire du géographique. Pour rendre compte du temps géologique, infiniment long à l’échelle humaine, je parcours patiemment les lieux, y reviens. J’ai besoin de penser un site, puis d’aller le chercher, de le fouler par la marche, de m’y perdre, toujours un peu plus loin. Cette phase d’approche concentrique participe de l’imaginaire que je développe durant ces expériences de terrain et dont j’ai besoin pour fabriquer une oeuvre. La temporalité est au coeur de mon médium, de ma démarche et de mon sujet.
Je suis loin des codes de la photographie paysagère. Il y a une part intuitive et empirique dans ma démarche pour réunir dans un même champ photographique une part d’imaginaire et un espace donné. Par mon usage de la chambre photographique, je modifie l’espace et lui confère une autre dimension. C’est une expérience physique, une traversée de l’image, un cheminement de mon regard vers ce qui m’entoure et que je modèle. Je donne corps à l’espace.
En manipulant ce que je photographie par l’usage de bascules et de décentrements optiques, j’invite le regard à se perdre et à entraîner la perception vers un terrain sensible. Cette illusion d’optique désoriente notre vision, habituée à un seul plan de netteté et non à plusieurs. Je me livre à un travail de sculpture de l’espace, tout comme ces premiers bas-reliefs qui imposaient à leurs créateurs de simuler de fausses perspectives dans la roche pour détourner le faible relief que ce type de sculpture leur imposait.

Il s’agit de faire l’expérience du paysage, de l’habiter, de retranscrire ce sentiment de l’espace traversé physiquement, géographiquement, émotionnellement. Mes images sont le résultat d’une construction mentale en tension avec la réalité. J’écris une histoire globale en associant les images entre elles qui composent une partition aux formes multiples, d’un site à un autre, tel un voyage intérieur à la lisière du monde. Une écriture des mots de la terre.

Sabine Delcour

www.sabinedelcour.com